
RNI : la succession sous contrôle, symptôme d’un parti sans alternance
RNI : la succession sous contrôle, symptôme d’un parti sans alternance
La situation interne du Rassemblement National des Indépendants (RNI) soulève de plus en plus de questions quant à la réalité de la démocratie partisane. Au cœur de ces interrogations, la figure de Aziz Akhannouch, accusé par ses détracteurs d’exercer une emprise quasi totale sur les mécanismes décisionnels du parti, en contradiction avec les principes d’une gestion collective et transparente.
L’annonce répétée de son intention de ne pas briguer un troisième mandat à la tête du parti contraste avec une pratique politique marquée par le prolongement des structures internes et le gel des échéances organisationnelles. Cette contradiction alimente l’idée d’une volonté de conserver le contrôle du parti tout en neutralisant toute dynamique concurrentielle susceptible d’émerger de l’intérieur.
Plus encore, plusieurs observateurs évoquent l’existence de véritables lignes rouges empêchant les cadres du RNI de se porter candidats à une éventuelle succession.
Une situation qui réduit l’ambition politique interne à une simple formalité et transforme l’après-Akhannouch en un scénario de désignation anticipée, plutôt qu’en un processus démocratique ouvert.
Dans ce contexte, les initiatives du chef du parti semblent se déplacer hors des instances partisanes. La recherche de garanties politiques auprès de cercles supérieurs est perçue comme une tentative de sécuriser un successeur « compatible », capable d’assurer la continuité de l’influence et du contrôle, au détriment du débat interne et du libre choix des militants.
Cette gestion verrouillée a pour effet d’appauvrir le sens même des échéances partisanes, réduites à des procédures sans enjeu réel. Les règles existent, mais leur application semble guidée par la restriction plutôt que par l’encouragement de la compétition et de la délibération.
Le recours systématique au prolongement des mandats et à la centralisation du pouvoir révèle également une difficulté à faire émerger des élites capables de porter une alternative crédible. Faute de confiance dans les compétences internes, la direction préfère la tutelle à la construction institutionnelle, exposant ainsi les limites du modèle de leadership en place.
Au final, la situation actuelle donne l’image d’une gestion de crise personnelle plus que d’un exercice de leadership assumé. Maintenir l’influence sans responsabilité directe, décider sans mandat clair, fragilise la confiance non seulement au sein du parti, mais aussi auprès de l’opinion publique.
À terme, l’absence de véritable alternance interne pourrait coûter cher au RNI. Une autorité politique qui privilégie les garanties au détriment des règles démocratiques s’expose inévitablement à une perte de légitimité. Car sans circulation réelle du pouvoir, la stabilité affichée risque de n’être qu’une façade, promise à se fissurer au premier choc politique.






