
Le soutien au cinéma hassani met fin à la rente et impose la transparence
Le soutien au cinéma hassani met fin à la rente et impose la transparence
Les résultats de la troisième session annuelle du soutien à la production cinématographique hassanie, annoncés lundi soir, ont suscité un climat d’apaisement rarement observé dans le secteur. Pour de nombreux professionnels, ces décisions marquent une rupture nette avec une logique de rente longtemps décriée, notamment en ce qui concerne le financement du documentaire hassani.
Une première lecture de ces résultats révèle un choix assumé : ouvrir l’accès au soutien à des sociétés de production qui n’en avaient jamais bénéficié auparavant. Des projets porteurs d’idées nouvelles, de visions artistiques renouvelées et d’approches narratives différentes ont été retenus, sur la base de critères clairs : qualité des scénarios, pertinence des choix de réalisation, solidité des dossiers techniques et cohérence des montages financiers.
La commission, dont les travaux sont présidés par l’artiste et metteur en scène Amine Nassour, a veillé au respect de l’égalité des genres et à l’intégration des jeunes créateurs, leur offrant de réelles opportunités d’accéder à la production cinématographique. Une orientation qui traduit la volonté de rompre avec la reproduction des mêmes cercles et d’insuffler un sang neuf dans le paysage audiovisuel.
Comme toute expérience de réforme, cette dynamique n’a pas échappé aux critiques. Certaines voix, habituées à bénéficier du soutien durant de longues années, ont dénoncé une prétendue exclusion. Pour la commission, ces réactions relèvent davantage d’une résistance au changement que d’un dysfonctionnement réel. L’ère de la faveur et des réseaux informels semble bel et bien révolue, au profit d’une sélection fondée sur le mérite et la valeur des projets.
Composée de profils issus de disciplines créatives diverses et dotés d’une expérience reconnue, la commission affirme prendre ses décisions de manière collégiale, démocratique et indépendante, à l’abri de toute pression extérieure. Cette posture a notamment contrarié certaines structures familiales de production, longtemps convaincues que les anciennes pratiques pouvaient perdurer.
Les tentatives de remise en cause du travail de la commission, dont la crédibilité fait consensus depuis sa première session, n’ont fait que renforcer sa détermination à poursuivre sa mission avec responsabilité et éthique professionnelle. Il convient de rappeler que le fonds de soutien à la production cinématographique hassanie a été créé pour promouvoir la culture et l’espace hassanis, et qu’il demeure ouvert à l’ensemble des Marocains, sans distinction, dès lors que les projets répondent aux critères d’excellence et d’intérêt culturel.