
Fatima-Zahra Mansouri, vers une première femme à la tête du gouvernement ?
Fatima-Zahra Mansouri, vers une première femme à la tête du gouvernement ?
À l’approche des élections législatives de 2026, le nom de Fatima‑Zahra Mansouri s’impose avec force dans le débat politique marocain.
Plus qu’une figure partisane influente, la ministre de l’Aménagement du territoire, de l’Urbanisme, de l’Habitat et de la Politique de la ville incarne désormais une hypothèse politique inédite : celle de voir, pour la première fois, une femme accéder à la tête du gouvernement. Un scénario qui ne relève plus de la spéculation théorique, mais d’une possibilité discutée avec un sérieux croissant au sein des partis, des cercles intellectuels et de l’opinion publique.
Dirigeante de premier plan au sein du Parti de l’Authenticité et de la Modernité, Fatima-Zahra Mansouri bénéficie d’un soutien notable dans les rangs de sa formation. Ses partisans mettent en avant son expérience gouvernementale, sa capacité à dialoguer avec des électorats diversifiés et son positionnement en phase avec une demande sociale accrue de renouvellement des élites et de meilleure représentation des femmes dans les centres de décision.
Cette dynamique relance plus largement le débat sur la place des femmes dans l’exécutif marocain. Après une longue période marquée par une représentation limitée, la présence féminine au sein des gouvernements et du Parlement s’est progressivement renforcée, rendant l’idée d’une femme cheffe de gouvernement moins disruptive qu’auparavant.
À l’international, plusieurs expériences, notamment en Nouvelle-Zélande, en Allemagne ou à Taïwan, ont montré que des femmes à la tête de l’exécutif pouvaient gérer des contextes complexes avec efficacité et sens stratégique.
Toutefois, les obstacles restent réels. Le cadre constitutionnel marocain prévoit que le Roi nomme le chef du gouvernement au sein du parti arrivé en tête des élections législatives. Cette règle place le PAM face à un double défi : parvenir à s’imposer électoralement en 2026 et préserver sa cohésion interne. Malgré son poids politique, le parti demeure confronté à des tensions organisationnelles et à la nécessité de formuler un projet électoral clair et fédérateur.
Dans ce contexte, le facteur générationnel s’annonce déterminant. Une jeunesse plus exigeante en matière de transparence, de reddition des comptes et de justice sociale oblige les partis politiques à repenser leurs discours et leurs modes de communication. Pour le PAM, comme pour ses concurrents, la capacité à capter cette attente pourrait peser lourdement sur l’issue du scrutin.
Le pari Mansouri, s’il venait à se concrétiser, dépasserait la seule dimension personnelle. Il serait le produit d’un rapport de forces électoral, d’une stratégie partisane maîtrisée et d’une capacité à transformer le discours politique en programme crédible. Un succès ouvrirait une page nouvelle de l’histoire politique marocaine ; un échec, en revanche, repousserait encore le débat sur l’accès des femmes aux plus hautes responsabilités exécutives.






