...

Une plateforme à plus de 3 millions DH place le ministre Zidane sous pression

Une plateforme à plus de 3 millions DH place le ministre Zidane sous pression

Une importante polémique accompagne le lancement d’un projet de plateforme numérique destinée aux Marocains du monde, après l’attribution d’un marché public de plus de 3,2 millions de dirhams. Le projet, piloté par Karim Zidane, ministre délégué chargé de l’Investissement, de la Convergence et de l’Évaluation des politiques publiques, suscite de nombreuses interrogations sur sa pertinence, son coût réel et sa valeur ajoutée.

Présentée comme un outil stratégique visant à faciliter l’orientation et l’accompagnement des investissements des Marocains résidant à l’étranger, la plateforme ambitionne de renforcer l’attractivité du Maroc grâce à des services multilingues et à des solutions numériques avancées.

Toutefois, plusieurs observateurs estiment que les objectifs annoncés ne justifient pas un tel niveau de complexité technologique ni un budget aussi élevé.

Le cahier des charges prévoit en effet des exigences techniques importantes, incluant une infrastructure complète de cybersécurité, des services cloud sophistiqués et l’intégration de technologies liées à l’intelligence artificielle. Des critères qui, selon des spécialistes, risquent de restreindre la concurrence et d’alourdir inutilement la facture finale du projet.

L’économiste Abderrahim Abrehi a exprimé ses réserves quant à l’ampleur des moyens mobilisés, estimant que les mêmes objectifs auraient pu être atteints à travers des solutions numériques plus simples et moins coûteuses.

Un point de vue qui relance le débat sur la rationalisation des dépenses publiques, dans un contexte marqué par des contraintes budgétaires et des priorités sociales pressantes.

La controverse est d’autant plus vive qu’aucune évaluation publique détaillée des précédents projets numériques gouvernementaux n’a été communiquée. L’absence de données sur leur impact réel et leur taux d’utilisation alimente les doutes quant à l’efficacité de ce nouveau dispositif.

Si le rôle stratégique des Marocains du monde dans le développement économique et le transfert de compétences ne fait aucun doute, la question centrale demeure celle du choix des outils. Pour de nombreux observateurs, l’enjeu ne réside pas dans la multiplication de plateformes coûteuses, mais dans la simplification des procédures administratives et l’amélioration de la gouvernance.

Au final, cette affaire place le ministre Karim Zidane sous le feu des critiques et pose une question plus large : la transformation numérique est-elle pensée comme un levier d’efficacité réelle ou comme une vitrine politique à fort coût pour les finances publiques ?

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Voir Aussi
Fermer
Bouton retour en haut de la page