Logement au Maroc : Benbrahim mise sur le durable et la fin du bidonville
Le gouvernement marocain entend tourner définitivement la page de l’habitat insalubre. À la manœuvre, le secrétaire d’État chargé de l’Habitat, Adib Benbrahim, qui défend une approche fondée sur des solutions durables plutôt que sur l’hébergement provisoire, longtemps critiqué pour ses limites sociales et urbaines.
Au cœur de cette stratégie figure le programme « Villes sans bidonvilles », relancé avec l’objectif d’améliorer les conditions de vie de près de 62 000 familles. L’ambition affichée est claire : éliminer l’habitat précaire et garantir un logement stable aux ménages à revenus modestes, dans une logique de dignité et de stabilité à long terme.
Pour appuyer cette orientation, les services du ministère ont procédé à la mise à jour d’une base de données nationale couvrant environ 120 000 familles à travers différentes villes. Cet outil permet, selon Benbrahim, d’adapter les interventions aux réalités locales et d’éviter les approches uniformes qui ont freiné l’efficacité de certaines politiques antérieures.
La réussite du programme repose également sur l’implication du secteur privé et des promoteurs immobiliers. Le gouvernement mise sur ces partenariats pour renforcer l’offre de logements à prix abordables et réduire le déséquilibre persistant entre l’offre et la demande, particulièrement marqué dans les grandes agglomérations.
Conscient des tensions sur le marché, Adib Benbrahim reconnaît que la hausse des prix de l’immobilier et des loyers résulte de plusieurs facteurs : pression de la demande, rareté de l’offre, poids de l’investissement locatif et essor de la location de courte durée. Face à cette situation, une nouvelle étude sur le logement locatif est en cours, avec pour objectif de proposer une formule permettant de réduire les loyers d’environ 20 %. Le dispositif envisagé inclurait la possibilité de déduire une partie des loyers versés du prix d’acquisition futur du logement.
Enfin, le responsable gouvernemental assure que des mécanismes stricts de suivi et de contrôle ont été mis en place afin d’éviter toute réapparition de l’habitat insalubre. Le programme devrait se poursuivre jusqu’à fin 2028, avec la perspective d’atteindre certains objectifs dès 2027.
À travers cette feuille de route, Benbrahim engage sa crédibilité politique sur un dossier social majeur, où les résultats seront jugés non pas à l’aune des annonces, mais à celle du nombre de familles effectivement relogées dans des conditions décentes.
