Dangote lance un projet d’engrais en Éthiopie, l’OCP toujours attendue

Dangote lance un projet d’engrais en Éthiopie, l’OCP toujours attendue

Le milliardaire nigérian Aliko Dangote vient de lancer un vaste projet de production d’engrais en Éthiopie, avec le soutien actif des autorités locales. Une initiative qui relance le débat sur la capacité des grands groupes africains à concrétiser leurs ambitions industrielles sur le continent, et qui met indirectement en lumière le retard d’un projet similaire porté par le groupe marocain OCP.

Pensé pour répondre aux besoins croissants de l’agriculture éthiopienne, le projet Dangote vise à réduire la dépendance du pays aux importations d’engrais et à soutenir la modernisation du secteur agricole. Fort de son expérience au Nigeria, où il a développé l’un des plus grands complexes d’engrais d’Afrique, Aliko Dangote apparaît comme un acteur capable de passer rapidement de l’annonce à l’exécution, un atout majeur dans un marché où le facteur temps est déterminant.

Cette avancée contraste avec la situation du projet de l’OCP en Éthiopie. Annoncé dès 2016 comme un pilier de la coopération Sud-Sud et de l’expansion africaine du groupe marocain, le projet n’a, à ce jour, pas dépassé le stade des intentions et des accords préliminaires. Ce décalage nourrit les interrogations sur les freins structurels et administratifs qui peuvent ralentir des investissements pourtant stratégiques.

Pour les observateurs du secteur, la comparaison entre les deux groupes dépasse la seule question financière. Elle renvoie également aux modèles de gouvernance, à la capacité de décision rapide et à la gestion des partenariats avec les États hôtes. Là où Dangote mise sur une approche directe et centralisée, certains projets panafricains se heurtent à la complexité des procédures et à la multiplicité des intervenants.

L’entrée en scène de Dangote en Éthiopie pourrait ainsi rebattre les cartes du marché régional des engrais et annoncer une concurrence accrue entre les grands groupes africains. Cette dynamique est susceptible d’influencer les prix, les flux commerciaux et les équilibres économiques dans une région clé pour l’agriculture du continent.

La question demeure ouverte : Aliko Dangote réussira-t-il là où l’OCP a pris du retard, ou assistera-t-on à un rattrapage du projet marocain dans les prochaines années ? Une chose est sûre, le marché africain des engrais entre dans une nouvelle phase, où la rapidité d’exécution devient aussi stratégique que la puissance industrielle.

Quitter la version mobile