CAN 2025-2026 : Le football face à la politique de l’émotion

CAN 2025-2026 : Le football face à la politique de l’émotion

Lagzouli Mohamed Agadir

La défaite du Maroc en finale de la CAN 2025 ne peut se lire uniquement à travers les automates et les stratégies sportives sur le terrain.

Derrière le score enregistré le dimanche 18 Janvier, se dessinent des lignes de force cachées plus profondes, mêlant sport, pressions symboliques, gouvernance, et soft power.

Organiser la compétition à domicile a placé le Maroc dans une posture de vitrine continentale et a rendu « la victoire » une obligation plus que sportive. Cette charge émotionnell-e, loin de galvaniser l’esprit de fête, a parfois figé le jeu et crispé les décisions.

L’excellent rythme du match, bouleversé par l’intervention orpheline et légitime de la VAR, la contestation sénégalaise et la longue interruption -non expliquée-, a rompu le rythme et déplacé l’enjeu du football vers un registre chaotique probablement longtemps préparé, poussant les joueurs du Maroc vers un une impasse de relâchement, là où l’adversaire est resté froid.

Sur le plan réglementaire, la Fédération marocaine n’a pas souhaité interpeller officiellement la CAF durant l’interruption, consciente que les lois en vigueur accordent à l’arbitre une autorité totale sur la gestion du match. Expliquant probablement qu’une contestation à chaud aurait pu entraîner des sanctions dramatiques et transformant un débat sportif en crise institutionnelle, politique et diplomatique.

Le récit d’injustice surtout populaire -loin du contexte politico-complotiste-, largement relayé après la rencontre, serte protège l’ego collectif, mais ne doit absolument pas empêcher l’autocritique et la révision des politiques marocaines des softs power presque absentes durant cette CAN.

Aussi je ne cache pas que, cette finale m’a personnellement inquiété sur l’essor des Marocains dans les pays de l’Afrique subsaharienne – médecins, étudiants, entrepreneurs et investisseurs – et leur sécurité physique, professionnelle, et financière, dans des relations diplomatiques parfois tendues, notamment autour du Sahara, portant à chaque événement international des charges politiques et diplomatiques toxiques.

Cette finale, comme chaque finale de CAN, rappelle une vérité simple : quand la politique s’invite trop fortement dans le jeu, le football perd sa spontanéité, son efficacité et surtout son esprit de fête.

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