Athlétisme marocain, l’absence mondiale qui interroge la gestion d’Ahyizoun
L’absence du Maroc aux Championnats du monde de cross-country organisés à Tallahassee, aux États-Unis, a résonné comme un signal d’alarme dans le paysage sportif national. Pour un pays longtemps considéré comme une référence mondiale dans cette discipline, ne pas être au départ d’un tel rendez-vous constitue un échec symbolique lourd de sens.
Ce forfait ne peut être réduit à un simple problème logistique ou conjoncturel. Il révèle des dysfonctionnements plus profonds dans la gestion de l’athlétisme marocain, marqué par un recul progressif de sa compétitivité internationale. Depuis la fin des années quatre-vingt, le Maroc avait toujours répondu présent à cette compétition. Aujourd’hui, il n’y participe même plus, encore moins pour jouer les premiers rôles.
Le contraste est saisissant entre un passé glorieux, construit par des générations de coureurs qui ont porté haut les couleurs nationales, et une réalité actuelle faite de renoncements et d’effacement. L’absence de vision stratégique claire pour la formation des athlètes, l’affaiblissement des clubs locaux et les lacunes dans la détection des talents ont peu à peu fragilisé tout un écosystème.
Cette situation relance inévitablement les interrogations sur la gouvernance de la Fédération Royale Marocaine d’Athlétisme, dirigée depuis de longues années par Abdeslam Ahyizoun.
Les choix techniques, l’absence d’évaluation rigoureuse des résultats et le déficit de reddition des comptes nourrissent un malaise grandissant au sein de l’opinion publique sportive.
À cela s’ajoute un déséquilibre évident dans les priorités nationales, où le football bénéficie d’un soutien massif, tandis que d’autres disciplines historiques, comme l’athlétisme, peinent à suivre. Cette disparité met en lumière une crise de gestion plus large, dont les effets se traduisent aujourd’hui par des absences lourdes de conséquences.
Face à ce constat, le silence institutionnel sur les raisons exactes de cette non-participation ne fait qu’accentuer les doutes. Une évaluation sérieuse et transparente s’impose, au-delà des justifications de circonstance, afin de redéfinir une stratégie capable de redonner à l’athlétisme marocain la place qu’il a longtemps occupée sur la scène internationale.
