Dysfonctionnements majeurs dans les cliniques privées : le secteur sous surveillance

Dysfonctionnements majeurs dans les cliniques privées : le secteur sous surveillance

Le ministre de la Santé et de la Protection sociale, Amine Tahraoui, a révélé des constats préoccupants concernant le fonctionnement de nombreuses cliniques privées au Maroc. Selon les résultats des campagnes de contrôle menées par son département, près de 80 % des établissements inspectés présentent des pratiques jugées illégales ou contraires à l’éthique professionnelle.

Parmi les principales irrégularités relevées figure le recours systématique aux « chèques de garantie » ou à l’exigence de paiements en espèces en dehors du cadre légal.

Des pratiques formellement interdites par la législation marocaine, qui portent atteinte aux droits des patients et remettent en cause le principe d’un accès équitable aux soins.

Le ministre a rappelé que la loi interdit aux cliniques privées d’exiger toute garantie financière hors de la tarification nationale de référence, et prévoit des sanctions à l’encontre des contrevenants. Pourtant, les inspections périodiques ont démontré que ces infractions demeurent largement répandues, traduisant un dysfonctionnement structurel plutôt que des cas isolés.

Dans ce cadre, le ministère de la Santé indique mener des opérations de contrôle annuelles afin de vérifier le respect des tarifs et des conditions de prise en charge. Ces contrôles ont permis de constater des manquements récurrents liés à la collecte de chèques de garantie et à la facturation de montants non déclarés. En conséquence, plusieurs mesures disciplinaires ont été prises, allant de la fermeture partielle ou totale de certains établissements à la transmission de dossiers à la justice lorsque les faits le justifiaient.

Toutefois, le ministre a reconnu les limites de l’action de contrôle, soulignant les difficultés à détecter systématiquement ces pratiques, notamment en raison du faible nombre de signalements.

Cette situation complique la lutte contre la facturation abusive et les demandes financières injustifiées. Il a ainsi appelé les citoyens à signaler toute irrégularité constatée au sein des cliniques privées afin de permettre aux autorités compétentes d’intervenir.

Par ailleurs, des parlementaires ont attiré l’attention sur des dérives plus graves, impliquant le recours à des intermédiaires ou « rabatteurs » par certaines cliniques. Ces derniers cibleraient des personnes disposant d’une couverture médicale, les orientant vers des examens ou des interventions parfois non justifiés médicalement, dans le but d’obtenir des remboursements indus auprès des organismes d’assurance maladie.

Selon les informations évoquées, ces pratiques incluraient l’organisation de caravanes médicales destinées à convaincre certains assurés qu’ils souffrent de pathologies nécessitant des examens approfondis ou des actes médicaux lourds, tels que des interventions de cardiologie, parfois qualifiées de fictives. Ces dérives permettraient à certaines cliniques de générer des revenus importants aux dépens des caisses d’assurance maladie.

Ces révélations relancent le débat sur la gouvernance du secteur privé de la santé, la nécessité de renforcer les mécanismes de contrôle et l’urgence de mieux protéger les droits des patients, dans un contexte où les cliniques privées occupent une place croissante au sein du système de santé national.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Voir Aussi
Fermer
Bouton retour en haut de la page