Loi sur la profession d’avocat : tensions au sommet
Le projet de loi relatif à l’organisation de la profession d’avocat a provoqué une onde de choc au sein de la majorité gouvernementale.
Selon des sources concordantes, les divergences entre le chef du gouvernement Aziz Akhannouch et le ministre de la Justice Abdellatif Ouahbi se seraient accentuées après la décision de suspendre la transmission du texte au Parlement et de retirer temporairement le dossier de la tutelle directe du ministère.
Cette décision, perçue comme un désaveu politique, aurait entraîné une dégradation notable des canaux de communication entre les deux responsables. Des déclarations attribuées au ministre de la Justice laissent entendre qu’il aurait envisagé une démission, estimant ne pas avoir été consulté sur le report de l’examen parlementaire.
Pour apaiser les tensions, le chef du gouvernement a annoncé la création d’une commission technique chargée d’encadrer les discussions autour du projet, en associant des représentants de l’exécutif et de l’Association des barreaux du Maroc.
Cette initiative vise à instaurer un cadre de concertation structuré et à sortir de l’impasse née de la mobilisation des avocats.
De leur côté, les instances professionnelles ont décidé de reprendre les activités judiciaires après l’ouverture du dialogue, saluant une démarche gouvernementale jugée constructive. Elles ont également exprimé leur volonté de participer activement aux travaux de la commission, tout en réaffirmant leur attachement à l’indépendance de la profession et au respect des principes constitutionnels liés au droit à la défense.
Toutefois, certains observateurs estiment que l’accalmie reste fragile. Les tensions internes révélées par cet épisode mettent en lumière des déséquilibres dans la coordination politique au sein de la coalition gouvernementale.
Au-delà du contenu du projet de loi, l’enjeu concerne désormais la capacité de l’exécutif à gérer les réformes sensibles dans un climat de confiance et de concertation.
Le dossier de la loi sur la profession d’avocat demeure ainsi un test politique majeur, à la croisée des équilibres institutionnels et des attentes du corps professionnel.

