La CAF ou l’art de transformer l’erreur en habitude

La CAF ou l’art de transformer l’erreur en habitude

À force de vouloir diriger le football africain, la Confédération africaine de football a surtout perfectionné une autre discipline : l’esquive. Esquive des responsabilités, des règles, et parfois même du bon sens. Ici, la gouvernance ressemble moins à une institution sportive qu’à un exercice permanent de funambulisme politique.

À la CAF, les règlements existent. Ils sont même écrits noir sur blanc. Le problème, c’est qu’ils servent davantage de décor que de référence.

On les brandit quand ils arrangent, on les range discrètement quand ils dérangent. L’arbitrage ? Officiellement indépendant. Dans les faits, souvent mystérieusement cohérent… toujours dans la même direction. Les erreurs, elles, sont humaines, répétées, et surtout jamais sanctionnées.

Quand une polémique éclate, la réaction est parfaitement rodée. Un communiqué tiède, quelques mots creux sur « l’amélioration continue », puis rideau.

La compétition suivante arrive, avec son lot de décisions contestées, comme si la précédente n’avait jamais existé. À la CAF, la mémoire institutionnelle semble avoir la durée d’un match mal arbitré : 90 minutes, pas une de plus.

Le plus savoureux reste cette capacité à se poser en victime. À la moindre critique, l’instance continentale crie à l’acharnement, au complot, à l’atteinte à l’unité du football africain.

Comme si réclamer de l’équité était une trahison, et demander des comptes un crime contre le sport. Ici, la transparence est perçue comme une menace, et la réforme comme un caprice.

Les compétitions s’enchaînent, les scandales aussi. Des titres se décident parfois à la faveur d’un coup de sifflet incompréhensible, mais tout va bien : le calendrier est respecté, les trophées sont remis, et les photos officielles sont impeccables. Le football africain avance, dit-on, même si c’est souvent à reculons.

Au fond, la CAF donne l’impression d’un pouvoir convaincu que le spectacle suffit à faire oublier l’injustice. Tant que le ballon roule, le reste peut attendre. Mais à force de confondre gestion et improvisation, l’instance continentale risque une chose qu’aucun communiqué ne pourra effacer :

perdre définitivement la confiance de ceux qui aiment le football pour ce qu’il devrait être, pas pour ce qu’on en fait dans les coulisses.

Quitter la version mobile