Investissement au Maroc : le discours de Zidane face au test du réel
Lors d’une séance à la Chambre des représentants, le ministre délégué chargé de l’Investissement, Karim Zidane, a défendu le bilan du gouvernement en matière de promotion de l’investissement et d’amélioration du climat des affaires. Un exposé bien rôdé, porté par des chiffres flatteurs et une rhétorique optimiste, qui peine toutefois à masquer une réalité plus contrastée.
Derrière la narration officielle, l’écart se creuse entre les promesses annoncées et les résultats concrets. Les grands projets industriels mis en avant n’ont pas généré le choc attendu sur l’emploi ni transformé en profondeur le tissu productif. Les créations de postes demeurent limitées, souvent sans commune mesure avec les avantages accordés, tandis que l’intégration locale reste faible, tenant à l’écart les petites et moyennes entreprises.
Les améliorations revendiquées du climat des affaires semblent, pour l’essentiel, cantonnées à des indicateurs procéduraux. Sur le terrain, les investisseurs locaux continuent de composer avec les mêmes obstacles : foncier industriel rare et coûteux, lourdeurs administratives persistantes et délais décourageants. Autant de freins qui diluent les efforts annoncés et nourrissent le scepticisme.
Par ailleurs, l’orientation privilégiée vers la promotion externe, axée sur l’attraction de capitaux étrangers, se fait au détriment du traitement des problématiques internes. Cette approche alimente un sentiment de déséquilibre et érode la confiance des acteurs économiques nationaux, laissés en marge d’une stratégie pensée avant tout pour l’affichage.
Le cœur du problème réside dans l’absence d’une évaluation rigoureuse de l’impact réel des investissements sur l’économie et la justice sociale. Sans indicateurs clairs ni mécanismes de suivi, l’investissement industriel demeure déconnecté de la vie économique quotidienne et des attentes sociales.
Au-delà des discours et des présentations soignées, l’urgence est désormais à la mise en place de stratégies d’évaluation crédibles, capables de réconcilier investissement, emploi et valeur ajoutée locale. Faute de quoi, la politique d’investissement continuera de briller dans les déclarations, tout en restant timide dans ses effets.
