Le PPS critique Washington et soutient Caracas, au risque du malaise politique
Le Parti du progrès et du socialisme (PPS) a suscité un vif débat politique après la publication d’un communiqué exprimant son inquiétude et sa condamnation des opérations militaires américaines au Venezuela, tout en dénonçant l’arrestation du président Nicolás Maduro et de son épouse.
Présenté comme une prise de position fondée sur des principes de souveraineté et de refus de l’ingérence étrangère, le communiqué a néanmoins surpris par son contexte et ses implications.
Le PPS n’est pas un acteur marginal de la scène politique marocaine : il dispose d’une longue expérience gouvernementale et a, à plusieurs reprises, défendu la position du Maroc sur la question du Sahara dans les instances internationales.
La controverse tient principalement à une contradiction politique difficile à ignorer. Le Venezuela, sous la présidence de Nicolás Maduro, est connu pour son soutien affiché au Front Polisario, y compris sur les plans diplomatique et militaire.
Ce positionnement place Caracas en opposition directe avec les intérêts stratégiques du Maroc, ce qui rend la solidarité exprimée par le PPS d’autant plus sujette à interrogation.
Par ailleurs, le ton critique adopté à l’égard des États-Unis alimente le malaise. Washington demeure un allié majeur du Maroc, notamment en ce qui concerne la reconnaissance de la souveraineté marocaine sur le Sahara. Dans ce contexte, l’attaque politique contre l’administration américaine apparaît, pour plusieurs observateurs, en décalage avec les équilibres diplomatiques actuels.
Ces interrogations prennent encore plus de relief à la lumière des évolutions récentes sur la scène internationale, marquées par un soutien croissant à la position marocaine de la part de puissances influentes, dont le Royaume-Uni. Pour certains analystes, le communiqué du PPS donne l’impression d’un discours ancré dans des référentiels idéologiques anciens, peu adaptés aux recompositions géopolitiques en cours.
En définitive, si le droit à l’expression politique demeure incontestable, cette prise de position relance le débat sur l’articulation entre principes idéologiques et intérêts supérieurs de l’État. Une question centrale reste posée : le PPS a-t-il voulu affirmer une posture de principe, ou a-t-il sous-estimé les implications stratégiques de son message dans un contexte international en pleine mutation ?
